La multirisque professionnelle est le contrat le plus répandu chez les TPE et PME, et le plus mal connu de ceux qui le signent. Voici ce que les 5 garanties essentielles couvrent réellement, ce qu'elles excluent, et le piège de la règle proportionnelle qui peut diviser votre indemnité par deux.
La MRP regroupe dans un seul contrat les dommages aux locaux, le vol, le bris de machine, la perte d'exploitation et la responsabilité civile.
Le piège n°1 : des capitaux sous-déclarés. La règle proportionnelle réduit alors votre indemnité, en proportion.
Le piège n°2 : croire que la RC pro est incluse d'office. Ce n'est souvent pas le cas.
La multirisque professionnelle fait pour l'entreprise ce que la multirisque habitation fait pour un logement : elle regroupe dans un seul contrat les garanties qui protègent vos locaux, votre matériel, votre stock, votre activité et votre responsabilité. Un incendie, un dégât des eaux, un cambriolage, un serveur détruit : c'est elle qui paie.
Sa force est aussi son défaut. Parce qu'elle couvre « tout », beaucoup de dirigeants la signent sans lire le détail, et découvrent le périmètre réel de leur contrat le jour du sinistre. Or d'un assureur à l'autre, sous le même nom de « multirisque », le contenu varie énormément : certaines garanties sont incluses d'office, d'autres sont des options jamais activées, et les montants assurés sont parfois restés figés depuis des années alors que l'entreprise a grandi.
Ce guide passe en revue les 5 garanties qui font une vraie MRP, puis les points précis à vérifier sur votre contrat actuel. Pour le vocabulaire (plafond, franchise, exclusion, vétusté), gardez le lexique de l'assurance pro sous la main.
Cinq briques, cinq questions à se poser. Si l'une d'elles manque ou est mal calibrée, votre contrat a un trou.
Incendie, dégât des eaux, tempête, événements climatiques. Le socle du contrat. La question : les capitaux déclarés (bâtiment, aménagements, contenu) correspondent-ils encore à la valeur réelle d'aujourd'hui ?
Cambriolage, effraction, dégradations. Attention aux conditions de garantie : la plupart des contrats exigent des moyens de protection précis (serrures, alarme, rideau métallique). Sans eux, la garantie peut être refusée.
La machine de production qui casse, le serveur qui grille, le matériel qui prend l'eau. La question : indemnisation en valeur à neuf ou avec vétusté déduite ? Sur du matériel de 5 ans, la différence est énorme.
La garantie la plus sous-estimée. Elle compense la marge brute perdue pendant que l'activité est arrêtée après un sinistre, et finance le redémarrage. Sans elle, l'entreprise survit au sinistre mais meurt de l'arrêt qui suit.
La RC exploitation couvre les dommages causés aux tiers dans la vie courante de l'entreprise. La RC professionnelle, qui couvre vos prestations elles-mêmes, n'est pas toujours incluse : c'est un point à vérifier ligne par ligne.
Une MRP ne se juge pas à sa prime ni à sa liste de garanties. Elle se juge aux montants, aux conditions et aux exclusions.
Le scénario classique : une entreprise assurée « multirisque » depuis dix ans, une prime payée sans y penser, et au premier gros sinistre, une indemnité très inférieure au préjudice. Presque à chaque fois, la cause est l'une des quatre suivantes.
Le contrat a été calibré à la création de l'entreprise. Depuis, le stock a triplé, le parc informatique s'est étoffé, des travaux ont été faits. Les capitaux déclarés n'ont pas bougé. Résultat : sous-assurance, et application de la règle proportionnelle (voir plus bas).
Soit la garantie n'a jamais été souscrite, soit sa période d'indemnisation est trop courte. Reconstruire un local ou remplacer une machine spécifique prend souvent plus de 12 mois : une période d'indemnisation de 12 mois peut s'épuiser avant le retour à la normale.
Marchandises en dehors des locaux, matériel transporté, conditions de protection contre le vol, franchise par sinistre : tout cela vit dans les conditions générales et particulières. C'est là que se joue l'indemnisation réelle, pas dans la plaquette commerciale.
La MRP n'est pas un contrat universel. Le risque cyber, par exemple, relève d'un contrat cyber dédié, et la responsabilité personnelle du dirigeant d'une RCMS. Croire que « la multirisque couvre tout » est le plus sûr moyen de découvrir un trou de garantie au pire moment.
Notre conviction Une MRP se relit tous les deux ou trois ans, et à chaque changement significatif : déménagement, nouvelle machine, croissance du stock, embauches. Un contrat calibré sur l'entreprise d'il y a cinq ans protège l'entreprise d'il y a cinq ans, pas la vôtre.
Le Code des assurances prévoit un mécanisme que peu de dirigeants connaissent avant d'y être confrontés : la règle proportionnelle de capitaux. Si la valeur déclarée de vos biens est inférieure à leur valeur réelle au jour du sinistre, l'assureur peut réduire l'indemnité dans la même proportion.
Concrètement : vous déclarez 100 000 € de contenu, il en vaut en réalité 200 000 €. Vous êtes assuré à 50 %. Un incendie détruit pour 60 000 € de matériel : l'indemnité sera de 30 000 €, pas de 60 000 €. Vous avez pourtant payé vos primes sans retard pendant des années.
Ce n'est pas une sanction abusive : c'est la contrepartie d'une prime calculée sur des capitaux trop bas. La parade est simple et ne coûte presque rien : réévaluer régulièrement les capitaux déclarés, en valeur à neuf quand c'est possible, et documenter l'inventaire. C'est typiquement ce qu'un courtier vérifie en premier dans un audit d'assurance.
Ni surassuré, ni découvert. Un contrat qui correspond à l'entreprise telle qu'elle est aujourd'hui.
Locaux, aménagements, matériel, stock : établir la valeur réelle actuelle, pas celle de la souscription. C'est ce qui neutralise la règle proportionnelle et garantit une indemnisation pleine.
Si le site brûle demain, combien de temps pour redémarrer, et combien de marge brute perdue ? La réponse dimensionne la garantie perte d'exploitation et sa période d'indemnisation.
Mettre plusieurs assureurs en concurrence sur les mêmes montants, les mêmes franchises et les mêmes exclusions. Comme pour la RC pro, l'écart de prime entre deux contrats équivalents est souvent considérable.
Un seul contrat pour les garanties essentielles de l'entreprise : dommages aux locaux et au contenu (incendie, dégât des eaux, climatique), vol et vandalisme, bris de machine et matériel informatique, perte d'exploitation, et responsabilité civile. Le périmètre exact varie fortement d'un contrat à l'autre.
Pas en tant que telle. Mais si vous êtes locataire, votre bail commercial exige presque toujours une assurance des risques locatifs, et certaines professions ont une obligation de RC pro. Dans les faits, exploiter des locaux, du matériel ou du stock sans MRP revient à jouer la survie de l'entreprise sur un seul sinistre.
Si les capitaux déclarés sont inférieurs à la valeur réelle de vos biens, l'indemnité est réduite dans la même proportion. Déclarer 100 000 € pour un contenu qui en vaut 200 000, c'est être assuré à 50 % : un sinistre de 60 000 € sera indemnisé 30 000 €. La parade : réévaluer régulièrement les capitaux.
Pas systématiquement. La RC exploitation (vie courante de l'entreprise) est généralement incluse, mais la RC professionnelle, qui couvre vos prestations elles-mêmes, est souvent une garantie distincte ou une option. À vérifier ligne par ligne sur votre contrat.
On relit votre contrat actuel garantie par garantie, on vérifie les capitaux déclarés et la perte d'exploitation, puis on met le marché en concurrence sur des bases équivalentes. Sans engagement.