Guide · multirisque par métier

Agence immobilière : la carte ne protège pas l’agence.

La loi Hoguet impose une responsabilité civile professionnelle et une garantie financière pour obtenir la carte. Ces garanties protègent les clients ; elles ne protègent ni la vitrine, ni l’informatique, ni les clés confiées, ni le chiffre d’affaires de l’agence. Voici ce que la loi impose, ce qu’elle oublie, le risque des données et ce que coûte l’ensemble.

L’essentiel en 30 secondes

La loi : carte professionnelle = RC pro et garantie financière (loi Hoguet, art. 3), RC pro des agents commerciaux (art. 4).

L’oubli : la vitrine, l’informatique, les clés confiées et la perte d’exploitation relèvent de la multirisque.

Les données : pièces d’identité et bulletins de salaire des candidats : un risque cyber.

Le prix : 300 à 600 € par an pour des bureaux, 500 à 1 500 € pour un commerce dans notre fourchette.

La carte professionnelle suppose deux garanties.

La loi Hoguet du 2 janvier 1970 réserve les transactions, la gestion immobilière et les activités voisines aux titulaires d’une carte professionnelle. Son article 3 subordonne la délivrance de cette carte, notamment, à deux conditions d’assurance et de garantie.

01

La garantie financière

Elle permet le remboursement des fonds, effets ou valeurs déposés par les clients. Elle est délivrée par une entreprise d’assurance agréée, un établissement de crédit ou une institution habilitée. Le professionnel qui déclare ne détenir aucun fonds en est dispensé.

02

L’assurance de responsabilité civile professionnelle

Elle couvre les conséquences pécuniaires des fautes commises dans l’activité : erreur dans un mandat, information inexacte, manquement au devoir de conseil.

03

Les agents commerciaux

Depuis la loi ALUR de 2014, l’article 4 de la loi Hoguet impose aussi aux agents commerciaux qui travaillent pour l’agence de souscrire leur propre assurance de responsabilité civile professionnelle.

Ces garanties conditionnent l’exercice. Elles ne protègent pas l’agence elle-même : sa vitrine, ses écrans, son informatique, les clés que les propriétaires lui confient, son chiffre d’affaires si elle doit fermer. C’est le rôle de la multirisque.

Les risques d’une agence ouverte sur rue.

Une agence immobilière est à la fois un bureau et une vitrine. Les sinistres qui la touchent ne relèvent pas de la responsabilité civile professionnelle.

Étape 01

La vitrine et les écrans

Bris de la vitrine, vandalisme, vol des écrans d’affichage : garanties bris de glace et vol, avec leurs conditions de protection.

Étape 02

L’informatique et les dossiers

Postes, serveur, dossiers de vente et de location : incendie, dégât des eaux ou vol les rendent inutilisables. La valeur du matériel s’assure ; la reconstitution des dossiers aussi, si le contrat le prévoit.

Étape 03

Les clés confiées

Une agence détient souvent les clés des biens qu’elle fait visiter ou qu’elle gère. Leur perte ou leur vol peut imposer de changer des serrures : une extension spécifique le couvre, à vérifier au contrat.

Étape 04

Le public

Un visiteur qui chute dans l’agence engage la responsabilité civile d’exploitation, à distinguer de la responsabilité professionnelle.

Étape 05

L’arrêt de l’activité

Une agence fermée après un sinistre continue de payer loyer et salaires : la perte d’exploitation compense la marge perdue.

Mandats, pièces d’identité, bulletins de salaire : un risque à part.

Une agence conserve des documents sensibles sur ses clients : pièces d’identité, avis d’imposition, bulletins de salaire des candidats locataires. Une intrusion informatique ou un rançongiciel pose alors un problème que ni la multirisque ni la responsabilité civile professionnelle ne règlent entièrement : notification, restauration des systèmes, réclamations des personnes concernées.

C’est le rôle d’une assurance cyber, à étudier dès que l’agence gère des dossiers de location ou de gestion en nombre.

Ce que coûte l’assurance d’une agence.

La multirisque des locaux d’une agence se rapproche de celle d’un bureau ou d’un petit commerce : notre guide des prix publie une fourchette indicative de 300 à 600 € par an pour des bureaux de petite surface, et de 500 à 1 500 € pour un commerce. La vitrine, les écrans et l’emplacement font la différence.

La responsabilité civile professionnelle et la garantie financière se tarifient à part : la première selon le chiffre d’affaires et les activités (transaction, gestion, location), la seconde selon le montant des fonds détenus.

GarantieObligatoire ?Ce qu’elle couvre
Garantie financièreOui, sauf non-détention de fonds (loi Hoguet, art. 3)Le remboursement des fonds déposés par les clients
RC professionnelleOui (loi Hoguet, art. 3)Les fautes commises dans l’activité
RC pro des agents commerciauxOui (loi Hoguet, art. 4)Les fautes de l’agent commercial
MultirisqueNon, mais exigée par le bailLocaux, vitrine, matériel, clés confiées, perte d’exploitation
CyberNonIntrusion, rançongiciel, fuite de données

Ce que les agences nous demandent.

Quelle assurance est obligatoire pour une agence immobilière ?

La loi Hoguet (article 3) subordonne la carte professionnelle à une assurance de responsabilité civile professionnelle et à une garantie financière, sauf si l’agence déclare ne détenir aucun fonds. Depuis la loi ALUR, les agents commerciaux doivent aussi avoir leur propre responsabilité civile professionnelle (article 4).

La garantie financière est-elle une assurance ?

C’est une garantie, pas une assurance de dommages : elle assure le remboursement des fonds, effets ou valeurs déposés par les clients si l’agence ne peut pas les restituer. Elle est délivrée par une entreprise d’assurance agréée, une banque ou une institution habilitée.

Quelles sont les obligations d’assurance d’un agent commercial immobilier ?

Depuis la loi ALUR de 2014, l’article 4 de la loi Hoguet l’oblige à souscrire sa propre assurance de responsabilité civile professionnelle. L’agence qui l’habilite a intérêt à en demander l’attestation chaque année.

La perte des clés confiées est-elle couverte ?

Seulement si le contrat le prévoit. La perte ou le vol de clés confiées par les propriétaires peut obliger à remplacer des serrures : c’est une extension à vérifier dans la multirisque ou la responsabilité civile de l’agence.

Une agence immobilière a-t-elle besoin d’une multirisque ?

La loi ne l’impose pas, mais le bail commercial l’exige presque toujours, et elle seule protège les locaux, la vitrine, le matériel et le chiffre d’affaires après un sinistre. La responsabilité civile professionnelle ne couvre pas ces dommages.

Faut-il une assurance cyber pour une agence immobilière ?

Elle n’est pas obligatoire, mais une agence conserve des documents sensibles sur ses clients et ses candidats locataires. Une intrusion ou un rançongiciel entraîne des frais que les autres contrats couvrent mal.

Pour aller plus loin

La multirisque, métier par métier

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