Guide · multirisque par métier

Électricien, plombier : la décennale ne couvre pas votre entreprise.

La décennale est obligatoire et couvre les désordres graves après la réception des travaux. Elle ne couvre ni le dépôt, ni le stock, ni l’outillage volé dans la camionnette, ni les semaines sans chantier après un incendie. Voici les cinq trous que laisse la décennale, les conditions à lire sur l’outillage, ce qu’il faut déclarer et ce que coûte la multirisque d’un artisan.

L’essentiel en 30 secondes

Obligatoire : la décennale (Code des assurances, L241-1) et l’assurance des véhicules.

Pas couvert par elle : le dépôt, le stock, l’outillage, les machines, les dommages pendant les travaux, l’arrêt d’activité.

Le piège : l’outillage volé dans le véhicule : garanti seulement aux conditions du contrat.

Le prix : dès 35 € par mois sans atelier (tarif moyen constaté), 1 500 à 5 000 € par an avec atelier.

La décennale est obligatoire. Elle ne couvre pas l’entreprise.

L’article L241-1 du Code des assurances oblige toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée sur le fondement des articles 1792 et suivants du Code civil à être couverte par une assurance, et à le justifier à l’ouverture de chaque chantier. Un électricien, un plombier chauffagiste ou un installateur en génie climatique qui intervient sur un ouvrage y est soumis, quel que soit son statut, micro-entrepreneur compris.

Beaucoup d’artisans en concluent qu’ils sont assurés. Ils le sont pour une chose précise : les désordres qui, après la réception des travaux, compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Tout le reste de l’entreprise, son atelier, son stock, son outillage, son camion, son chiffre d’affaires, relève d’autres contrats.

Cinq trous que la multirisque comble.

Voici les sinistres qui touchent l’entreprise elle-même, et le contrat qui y répond.

01

Le dépôt ou l’atelier

Incendie, dégât des eaux ou effraction dans le local où dorment les bobines de câble, les tableaux, les chaudières en attente de pose : c’est la multirisque du local qui indemnise.

02

L’outillage

Perforateurs, appareils de mesure, caméras d’inspection : leur vol au dépôt relève de la multirisque, leur vol sur chantier ou dans le véhicule d’une extension spécifique, avec ses conditions.

03

Le dommage pendant les travaux

Un court-circuit qui abîme un appareil du client, une fuite qui inonde l’appartement du dessous : c’est la responsabilité civile professionnelle, pas la décennale, qui ne joue qu’après réception.

04

L’arrêt de l’activité

Un dépôt détruit, c’est des semaines sans pouvoir honorer les chantiers. La perte d’exploitation compense la marge perdue et paie les charges fixes.

05

Les machines

Cintreuse, groupe électrogène, compresseur : la panne ou la casse accidentelle relève du bris de machine.

Le vol dans la camionnette, ou le sinistre le plus mal compris.

C’est une réclamation classique chez les artisans, et l’une de celles que les contrats encadrent le plus strictement. Ceux qui couvrent l’outillage dans le véhicule posent presque toujours des conditions : un véhicule fermé à clé, des traces d’effraction, parfois une exclusion la nuit si le véhicule n’est pas dans un garage clos, et un plafond par sinistre.

Deux réflexes évitent le refus : lire ces conditions au moment de souscrire, et tenir à jour la liste du matériel avec ses factures. Un inventaire photographié vaut mieux qu’une mémoire le jour de la déclaration.

Ce qu’il faut déclarer pour être couvert.

Étape 01

Les activités exactes

Électricité générale, courants faibles, bornes de recharge, panneaux photovoltaïques, plomberie, chauffage, climatisation : chaque activité se déclare, en décennale comme en multirisque. Une activité absente du contrat n’est pas couverte.

Étape 02

Le local

Surface, usage (dépôt, atelier, bureau), protections contre le vol : la base de la multirisque.

Étape 03

Le stock et le matériel

À leur valeur réelle, pour éviter la règle proportionnelle, et avec l’outillage transporté si on en a besoin.

Étape 04

La responsabilité civile professionnelle

Son plafond pour les dommages causés aux clients et aux tiers pendant les travaux, et les dommages aux biens confiés.

Étape 05

La perte d’exploitation

Sa durée, calée sur le temps réel de remise en route de l’activité.

Ce que coûte la multirisque d’un artisan.

Pour une TPE artisanale sans atelier, notre page multirisque affiche un tarif moyen constaté à partir de 35 € par mois. Avec un atelier, des machines et du stock, notre guide des prix publie une fourchette de 1 500 à 5 000 € par an. La décennale se tarifie à part, selon les activités déclarées et le chiffre d’affaires.

ContratCe qu’il couvreObligatoire ?
DécennaleLes désordres graves après réceptionOui (Code des assurances, L241-1)
Responsabilité civile professionnelleLes dommages pendant les travauxNon, mais exigée par la plupart des clients
MultirisqueLocal, stock, outillage, machines, perte d’exploitationNon, mais exigée par le bail
AutoLe véhicule et la responsabilité du conducteurOui, pour tout véhicule terrestre à moteur

Ce que les artisans nous demandent.

Quelle est l’assurance obligatoire pour un électricien ?

La responsabilité civile décennale, dès que ses travaux peuvent engager sa responsabilité sur le fondement des articles 1792 et suivants du Code civil (article L241-1 du Code des assurances), et l’assurance de ses véhicules. La responsabilité civile professionnelle et la multirisque ne sont pas imposées par la loi, mais les clients et le bail les exigent.

La décennale couvre-t-elle le vol de mes outils ?

Non. La décennale couvre les désordres graves après la réception des travaux. Le vol d’outillage relève de la multirisque pour le dépôt, et d’une extension spécifique pour le chantier ou le véhicule.

Mon matériel volé dans ma camionnette est-il couvert ?

Seulement si le contrat prévoit l’outillage transporté, et aux conditions qu’il fixe : véhicule fermé à clé, traces d’effraction, parfois exclusion la nuit hors garage clos, plafond par sinistre. Ces conditions se lisent avant de souscrire.

Un électricien micro-entrepreneur doit-il souscrire une décennale ?

Oui, si ses travaux entrent dans le champ de la responsabilité décennale : l’obligation dépend de l’activité exercée, pas du statut de l’entreprise.

Quel est le tarif d’une assurance multirisque professionnelle pour un artisan ?

Notre page multirisque affiche un tarif moyen constaté à partir de 35 € par mois pour une TPE artisanale sans atelier. Avec un atelier, des machines et du stock, notre guide des prix publie une fourchette de 1 500 à 5 000 € par an.

Un plombier chauffagiste est-il concerné de la même façon ?

Oui : décennale pour les ouvrages, responsabilité civile professionnelle pour les dommages pendant les travaux, avec une attention particulière aux dégâts des eaux causés chez le client, et multirisque pour le dépôt, le stock et l’outillage.

Pour aller plus loin

La multirisque, métier par métier

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  • Jusqu’à 10 % sous votre tarif actuel jusqu’au 31/12/2026, à garanties équivalentes
  • Activités déclarées confrontées au métier réel
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